Prolapsus Rectal


  • 1- Qu'est ce qu'un prolapsus rectal ?Open or Close

    Le prolapsus rectal extériorisé est une affection invalidante qui touche neuf femmes pour un homme. Comme son nom l'indique, Le prolapsus du rectum consiste en un glissement vers le bas de la paroi du rectum, réalisant son invagination dans la lumière rectale, celle-ci pouvant rester en intra-rectal, s'engager dans le canal anal ou s'extérioriser soit de manière intermittente, provoquée par un effort de poussée, soit de manière permanente. Il peut aussi ne concerner qu'une partie du rectum, on parle alors de rectocèle antérieure. Il peut s'accompagner de la ptose (chute) des autres viscères du périnée et en particulier de la vessie (cystoptose) pouvant donner également une incontinence urinaire d'effort ou de repos.

  • 2- Dois-je me faire opérer ?Open or Close

    Le prolapsus rectal extériorisé est à l'origine d'une incontinence anale dans 50 à 80% des cas, mais aussi d'autres symptômes tels que la sensation incomplète d'évacuation rectale, une constipation, ou plus rarement de douleurs périnéales. En dehors des troubles fonctionnels, il expose à des complications qui sont l'hémorragie par ulcération de la muqueuse rectale et l'étranglement qui reste rare (1 à 2%). En pratique, le traitement chirurgical est le seul traitement de référence du prolapsus rectal extériorisé. Dans notre équipe, les interventions par voie abdominale sous cœlioscopie sont actuellement réalisées en première intention en raison de leur efficacité au prix d'une agressivité chirurgicale faible (rectopexie antérieure cœlioscopique selon Orr-Loygue). Cette intervention améliore ou supprime dans 90% des cas, l'incontinence anale avec un faible risque de constipation post opératoire et un faible taux de récidive (< 5%).

  • 3- Comment se déroule l'intervention ?Open or Close

    Les patients sont hospitalisés la veille de l'intervention. Il est nécessaire de réaliser une préparation colique préopératoire par la prise de 2 litres de purge la veille de l'intervention. L'intervention chirurgicale est réalisée par cœlioscopie, c'est-à-dire que l'on met en place à travers l'ombilic une caméra afin de voir l'intérieur de la cavité abdominale via un moniteur de télévision. On réalise au niveau de l'abdomen 3 ou 4 incisions cutanées de moins de 1 cm afin de mettre en place des trocarts opérateurs par lesquels on pourra insérer des instruments chirurgicaux adaptés (pinces, ciseaux). Le principe de la rectopexie antérieure consiste donc en une libération complète de la face antérieure du rectum par une incision du cul de sac de Douglas et une dissection de la cloison recto-vaginale chez la femme et de l'espace rétro prostatique chez l'homme. Cette dissection est menée très bas jusqu'au plancher pelvien, c'est-à-dire jusqu'au bord supérieur du canal anal. Celle-ci doit être prudente en respectant impérativement l'innervation pelvienne. Une prothèse synthétique non résorbable sera fixée, sans tension, par ses deux extrémités, d'une part à la face antérieure de la paroi rectale par des points de fil chirurgical et d'autre part au sacrum par des agrafes. En cas de prolapsus urinaire associé, la fixation sera réalisée lors de la même intervention.

  • 4- Quelles complications du prolapsus observées ?Open or Close

    La paroi du rectum peut être endommagée par sa mobilité anormale, son passage dans le défilé étroit de l'anus ou lorsqu'il ressort. Il n'est donc pas rare qu'il puisse se former des plaies ou ulcères, une inflammation ou un œdème. Dans de très rares situations, il peut être enserré par l'anneau des sphincters qui ferment l'anus et ne plus pouvoir réintégrer l'intestin : on parle alors d'étranglement. Il est observé dans près de la moitié des cas un relâchement des muscles de l'anus entraînant des difficultés à retenir les gaz, les glaires et les selles.

  • 5- Quelles sont les personnes qui s'en plaignent et pourquoi ?Open or Close

    Le prolapsus est le plus souvent observé chez les femmes après la ménopause. Cette anomalie est alors associée à des troubles plus diffus du périnée et des autres organes du petit bassin : prolapsus de la vessie ou de l'utérus. On considère alors que le prolapsus témoigne d'une fragilisation un peu générale des tissus et des moyens de soutien des organes du petit bassin. Ce processus de fragilisation peut être la conséquence de la privation hormonale liée à la ménopause, d'un long passé de constipation avec efforts importants de poussée, d'accouchements difficiles, d'un ou plusieurs gestes chirurgicaux (ablation de l'utérus). A l'inverse, le prolapsus rectal peut être observé chez des personnes jeunes ou des enfants. Un prolapsus de grande taille peut ainsi être noté chez un adolescent sans qu'aucun facteur " traumatique " ou de fragilisation n'ait été observé.

  • 6- Le post-opératoiresOpen or Close

    Les patients sont réalimentés dès le 1er jour post opératoire et la durée d'hospitalisation est en moyenne de 48 heures avant un retour au domicile. Habituellement, une maison de convalescence n'est pas nécessaire. Les résultats opératoires sont satisfaisants au pris d'un risque de complication inférieure à 10% incluant des complications le plus souvent mineures tels qu'un iléus prolongé post opératoire (retard à la reprise du transit), une infection urinaire et un risque de sepsis pelvien exceptionnel et ils bénéficient de l'abord mini-invasif de la cœlioscopie. Une étude randomisée comparant les résultats de la rectopexie par laparotomie et laparoscopie, a confirmé les avantages de la cœlioscopie en terme de diminution de la prise d'antalgiques, de durée d'hospitalisation plus courte et de reprise plus rapide des activités habituelles.

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